Steam Park est un jeu assez à part dans le monde du jeu de société… Il mélange de la gestion et des jets frénétiques de dés, le tout dans un monde qui ne manque pas de personnalité.

Un parc d’attraction onirique


Après Dungeon Fighter, un jeu coopératif à base de lancer de dés aussi drôle que bien foutu, Cranio Creations reste dans les dés avec Steam Park (d’abord baptisé Pimp my Park… on ne s’étonne pas de ce changement de nom).

La notice est un vrai régal à lire. Tout a été fait pour lui donner le côté léger d’un parc d’attractions, avec des blagues pourries et un ton décontracté et pince-sans-rire.

Visuellement, Steam Park est particulièrement beau. Marie Cardouat, l’illustratrice déjà à l’oeuvre dans Dungeon Fighter, a su donner une vraie patte graphique au jeu et à ses accessoires.

Car comme son nom l’indique, Steam Park n’est pas un parc d’attraction comme les autres. C’est un parc d’attraction à vapeur (d’où son nom de Steam Park). Et cela est particulièrement bien rendu par les illustrations et leur look qui mixe le steampunk à la sauce enfantine, le tout avec une petite dose lovecraftienne. Aussi étonnant que réussi.

De jolis dés en bois, que vous devrez jeter frénétiquement.
De jolis dés en bois, que vous devrez jeter frénétiquement.

Chaque année, la fête foraine de Robobourg, c’est l’événement à ne pas rater. Toute l’année, les petits robots qui peuplent la commune ont bossé comme des fous pour faire de cette semaine de fête foraine un moment incroyable.

Du coup, pas mal de forains viennent présenter de nouvelles attractions toutes plus incroyables les unes que les autres. Chaque joueur incarne l’un de ces forains. Votre but est donc de rendre les gens heureux… et de vous enrichir. Ben oui, hein.

Construisez votre parc avec des dés


Dans Steam Park, vous allez devoir construire votre parc d’attractions personnel, et le rendre plus beau, plus grand et plus propre que ceux des autres joueurs.

Le jeu se déroule en 6 tours de jeu, chaque tour se décomposant en 4 phases :

La phase de lancer de dés
Cette phase pourrait faire penser à un Yams de rapidité. Comprenez par là que tous les joueurs vont commencer à lancer leurs dés en même temps. Chaque joueur va ensuite mettre sur son plateau cochon le ou les dés qui ont des faces qui lui conviennent. Il peut alors relancer le reste de ses dés… Et comme ça autant de fois qu’il veut. Ou presque.

Les pions saleté : ce sont eux que vous devrez éviter tout au long du jeu.
Les pions saleté : ce sont eux que vous devrez éviter tout au long du jeu.

En effet, dès qu’un joueur a posé tous ses dés sur son plateau cochon, il prend une tuile ordre du tour. Ainsi, le joueur le plus rapide sera le premier joueur pour la phase d’action, et ainsi de suite.

Le dernier joueur, lui, aura droit à trois lancers avant de devoir se contenter de ce qu’il a sur ses dés.

La phase de saleté
On compte ensuite le nombre de faces saletés sur les dés de chaque joueur, et chacun fait la somme des d’icônes “saleté” présentes sur ses attractions. Cela donne un nombre de jetons saletés de chaque joueur pour ce tour.

Ensuite, selon l’ordre du tour, les joueurs ont des bonus ou malus : le premier joueur peut retirer jusqu’à 4 jetons saleté, le deuxième joueur peut en retirer deux, le troisième joueur n’a pas de bonus/malus et le pauvre quatrième joueur doit prendre deux jetons saleté supplémentaires.

Autant dire que Steam Park, sous ses airs de jeu de gestion, met clairement en avant la rapidité.

Votre but : utiliser au mieux vos dés afin de construire le parc d'attraction le plus rentable.
Votre but : utiliser au mieux vos dés afin de construire le parc d'attraction le plus rentable.

La phase d’action
En suivant l’ordre du tour, chaque joueur va jouer tous ses dés et réaliser les actions correspondantes.

Il peut ainsi construire des attractions (pour gagner des points) ou des stands (pour obtenir des bonus pour certaines faces de ses dés) sur son parc ; attirer des visiteurs (c’est à dire les placer sur ses attractions) ; jouer des cartes bonus (histoire de vous faciliter un peu la vie) ; nettoyer la saleté (en retirant des jetons saleté), ou enfin agrandir votre parc.

Car placer les différentes attractions n’est pas évident : il faut leur laisser de l’espace. Elles ne peuvent donc pas être placées sur des cases contiguës. Il est souvent nécessaire d’agrandir son plateau pour pouvoir caser de nouvelles attractions.

La phase de revenu
Chaque joueur touche trois danari (la monnaie locale) pour chaque visiteur présent dans son parc.

A la fin de la partie, c’est le joueur le plus riche qui gagne.

Le fonctionnement des dés rappelle celui du Yams.
Le fonctionnement des dés rappelle celui du Yams.

La propreté, une notion plutôt originale


En plus d’être joli tout plein, Steam Park propose un discours plutôt intéressant : celui de la responsabilité. C’est très limité bien entendu, mais il est question ici de nettoyer son parc d’attractions, chaque visiteur générant de la saleté.

Original, bien foutu, et surtout très important si vous souhaitez remporter la victoire !

Car en fin de partie, le nettoyage final de votre parc pourra vous coûter très cher. Si vous avez plus de 30 jetons saleté, cela vous fait même immédiatement perdre la partie !

Un jeu de gestion avec du lancer de dés et de la rapidité


Steam Park mélange pas mal de choses, il propose un jeu de gestion assez solide - bien que très simple d’accès, même pour les novices.

Mais il propose aussi du lancé de dés basé sur la rapidité, afin de choisir ses actions. Et là, c’est carrément original, et cela ne sera pas du goût de tous.

La boîte est particulièrement bien remplie.
La boîte est particulièrement bien remplie.

Exit le côté “c’est mon tour, je prend mon temps parce que c’est un jeu de gestion”. Non, ici, il faudra être le plus rapide, car être premier joueur, c’est avoir pas mal d’avantages…

Fini l’analysis paralysis, où le joueur reste bloqué pendant trèèèèèès longtemps, perdu dans les méandres des actions à réaliser dans son tour.

Cela ne plaira pas à ceux qui n’aiment pas être pressés. Mais pourtant, même pour moi qui suis une grosse quiche en termes de rapidité, Steam Park m’a beaucoup plu. Et puis, il y a toujours d’autres joueurs pour être plus lents que vous… Ou certains qui sont très rapides, mais qui ont mal calibrés leurs actions. Il n’y a donc pas que la rapidité qui prime.

Du coup, lors des parties, on a des sourires, des éclats de voix, de rire. Et insuffler un peu de party game à un jeu de gestion, c’est déjà un exploit en soit.


Steam Park, un jeu pour 2-4 joueurs de Aureliano Buonfino, Lorenzo Silva et Lorenzo Tucci Sorrentino, illustré par Marie Cardouat, édité par Iello pour des parties d'environ 60min.
Age conseillé : 8+.
Sympathique

Steam Park

Steam Park est un jeu assez original pour valoir le coup d’oeil. Une fois de plus, c’est très beau, très bien édité et, surtout, cela mélange deux genres que l’on pourrait penser totalement opposés : le jeu de gestion et le jeu de rapidité.

La note : 3/6 (Sympathique)