Otys, le jeu qui va vous faire plonger au coeur d’un futur que l’on n’aimerait pas connaître. Prêt à renvoyer l'ascenseur ?

Il va falloir vous mettre à l’eau (mais sans Kevin Costner)


Dans Otys, vous allez devoir plonger. Ou plus exactement, vous allez devoir gérer vos plongeurs. Mais pas des plongeurs habituels, puisque l’on est au XXIIème siècle.

Le jeu met en scène une vision très négative du dérèglement climatique. Ou peut-être très réaliste, mais il est trop tôt pour le dire.

Après avoir fait n’importe quoi pendant plus de 300 ans, la montée des eaux a recouvert la terre entière. Il y a un petit côté Waterworld dans Otys, sauf qu’il n’y a pas Kevin Costner. Mais tout comme lui, vous allez plonger afin de récupérer des débris de l’humanité et tenter de reconstruire son futur.

Les illustrations de Paul Mafayon (déjà à l’oeuvre sur Loony Quest et Bunny Kingdom) sont vraiment superbes, et tout particulièrement la boîte du jeu, qui nous plonge directement dans l’ambiance.

Votre plateau personnel, très bien pensé.
Votre plateau personnel, très bien pensé.

Dommage, vraiment dommage que cette ambiance s’efface si vite de l’esprit des joueurs une fois que quelques tours de jeu ont passé. On n’a donc pas vraiment l’impression d’être dans la flotte, en revanche on est happé par la concentration que cela demande.

Reste le matériel, très classe et bien pensé. Le plateau central est assez petit, et laisse la part belle aux plateaux personnels des joueurs. Ces derniers sont fabriqués à base de plusieurs épaisseurs de cartons, ce qui permet de faire coulisser vos plongeurs très facilement. Ergonomique et bien pensé.

Une mécanique simple, mais qui peut vous vriller la tête


Otys repose sur un principe simple : vous disposez de 5 clés numérotées, qui vont correspondre à différents étages de votre tour de plongée.

A votre tour, vous devrez utiliser l’une des clés qu’il vous reste. Cela vous permettra de débloquer une faveur (c’est à dire un bonus supplémentaire), ainsi que l’action spécifique de votre plongeur qui se trouve à cet étage. Une fois utilisé, le plongeur va remonter en haut de la file, permettant aux plongeurs qui étaient au dessus de lui de descendre d’un cran.

Et lorsque vous n’avez plus de clés, vous passez votre tour pour les récupérer. Et voilà, ce n’est pas plus compliqué que ça.

Le principe d'action est vraiment bien pensé.
Le principe d'action est vraiment bien pensé.

En gros, vous devez faire en sorte que les planètes soient parfaitement alignées lors de votre tour… Et cela ne sera pas une partie de plaisir.

Lors de la première partie, surtout durant les premiers tours, on est un peu perdu : on a l’impression de subir le jeu et sa mécanique. Mais au gré des tours de jeu, on comprend petit à petit et notre cerveau se met en mode “ascenseur” pour tenter de faire en sorte d’anticiper les mouvements et d’arriver à son compte.

Mais ya tout qui bouge là dedans !


Dans Otys, tout est mouvant. Si au départ vous vous sentez un peu dépendant de l’ordre initial de vos plongeurs (qui est aléatoire), vous allez rapidement vous en sortir grâce aux myriades d’options qui vous permettent de fainter et d’arriver à vos fins.

Et c’est bien là tout le sel du jeu !

Votre but est d’être le premier à atteindre 18 points. Et pour les atteindre, vous allez devoir remplir des contrats en dépensant les ressources récupérées par vos plongeurs.

Le plateau central, commun à tous les joueurs.
Le plateau central, commun à tous les joueurs.

C’est finalement classique et ça rappelle pas mal de jeux, Splendor ou Potion Explosion en tête de liste. En gros, c’est un jeu où il faut atteindre des objectifs pour faire sa petite collection. Mais une fois en jeu, le ressenti n’est absolument pas le même, le jeu étant plus complexe dans le déroulement de sa mécanique.

Otys Reading mon pote !


Bon, un jeu qui base son gameplay sur un principe d’ascenseur et qui s’appelle Otys, avouez que c’est quand même pas mal comme blague… Non ?

Oui, pour les plus incultes d’entre nous (notez que je m’inclue, histoire de ne pas passer pour un gros con élitiste), Otis est une marque d’ascenseur leader de son domaine. Déjà en 1852, Elisha Otis avait trouvé comment sécuriser ces élévateurs encore trop peu sûrs… Mais bon, je m’égare là.

Reste que, pour une fois, le jeu a gardé le nom de son prototype, ce qui n’est pas très courant.

Du familial pas trop complexe (mais un peu quand même)


Otys affiche une édition assez originale, puisque c’est une co-édition. D’un côté, on a Pearl Game, un éditeur bien connu pour ses jeux pointus comme Troyes. De l’autre, on a Libellud, respecté pour ses jeux plus léger et familiaux.

Votre objectif : acheter des cartes.
Votre objectif : acheter des cartes.

Pourquoi un tel accord ? Tout simplement parce que Otys se place pile poil entre ces deux catégories : ce n’est pas un jeu hardcore, mais ce n’est pas non plus un jeu léger. De quoi alimenter efficacement les catalogues des deux éditeurs avec un jeu qui sort un peu de leurs lignes éditoriales respectives.

Dans tous les cas, c’est un jeu assez simple à expliquer, mais qui ne s’adresse qu’à des joueurs qui aiment se triturer un minimum les méninges. Et de ce côté là, il y arrive très bien !


Même la boite en elle-même bénéficie d'une belle esthétique.
Même la boite en elle-même bénéficie d'une belle esthétique.


Le dos de la boite d'Otys.
Le dos de la boite d'Otys.



Otys, un jeu pour 2-4 joueurs de Claude Lucchini, illustré par Paul Mafayon, édité par Libellud et Pearl Games pour des parties d'environ 60min.
Age conseillé : 14+.
Bon jeu

Otys

Otys est un excellent jeu, le fameux style “Familial+” : simple à expliquer, mais offrant beaucoup de possibilité. Une belle surprise, dotée d’une réalisation vraiment à la hauteur.

La note : 4/6 (Bon jeu)