Super Meat Boy, c'est un peu l’emblème du jeu indépendant. A la fois old school, fun, et surtout développé par deux personnes. Pas plus.

Il y avait eu Braid, puis Limbo. Avec ces jeux, réservés exclusivement au support dématérialisé (du moins pendant pas mal de temps), on a connu l'avènement du jeu indépendant... Presque comme à la grande époque des années 1980 où tout était permi. Des jeux où la prise de risque artistique était facilité par une prise de risque financière plus limitée que via les circuits de distribution classiques. Un vent de liberté se met alors à souffler dans l'esprit embué de nostalgie de nombre de joueurs.

Sans tomber dans l'utopie comme ci-dessus. Il faut avouer que le support dématérialisé aura permit a pas mal de petits développeurs de se faire une belle place dans la ludosphère. Super Meat Boy en fait clairement partie.

Super Meat Boy sur PC.
Super Meat Boy sur PC.

En gros, SMB (des initiales qui ne sont pas anodines), c'est une ode au rétro gaming, et plus particulièrement aux jeux de plate-forme particulièrement ardus. Vous reprochez aux jeux actuels d'être trop édulcorés et surtout trop faciles ? Eh bien ici, vous allez avoir à nouveau envie de casser votre manette... Ou pas. Car on veut la casser quand on ne comprend pas, ou quand on s'énerve contre le jeu. Là non, pour chaque mort, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même. Eh oui, impossible d'imputer la faute à la maniabilité (pour peu que vous ayez une manette Xbox 360, au clavier c'est vraiment trop difficile) puisqu'elle est tout simplement ultime !

Et heureusement, car la difficulté est dantesque. En revanche, elle reste humaine (tout du mois dans les premiers mondes). Rarement la courbe d'apprentissage n'aura été si naturelle et finalement si exponentielle. Il s'ensuit, pour le joueur, un sentiment de valorisation extrêmement gratifiant : "je l'ai fini ce putain de niveau !". On souffle, et on tente le suivant.

A chaque mort, on recommence au début du niveau. Dès que l'on meurt - et putain, on meurt tout le temps - on recommence au début. Hop, comme ça, sans aucun temps de chargement. Cette absence de temps mort fait que l'on persévère, on continue, même quand on est un gros feignant finalement pas très bon aux jeux vidéo. Et c'est en cela que Super Meat Boy est une pièce maitresse : elle nous force à nous surpasser. Cerise sur le gâteau, à la fin du niveau, l'ensemble de nos Super Meat Boys vont venir se scratcher de partout, tous en même temps, alors que seul le dernier arrivera au terme du niveau.

La Ultra Rare Edition... avec encore plus de goodies !
La Ultra Rare Edition... avec encore plus de goodies !

Pour couronner le tout, on a des graphismes vraiment beaux, à la fois simples, précis et toujours lisibles ; une musique agréable à écouter, des bruitages à se tordre par terre (rappelons que le héros principal est un morceau de viande qui laisse une trace de sang partout où il passe) et un humour décalé et totalement révérencieux des grands classiques du jeu vidéo. Bref, un monument à ne rater sous aucun prétexte !

Et si comme moi, vous êtes allergique au support dématérialisé, il existe des versions boites, à priori vendues uniquement au Royaume Unis. Et en plus, il y a plein de goodies dans la boite.

On termine sur une anecdote illustrant bien l'humour des développeurs : les gens de la PETA (une association américaine de protection des animaux particulièrement extrémiste dans ses actes et propos) avaient fait un petit jeu parodiant Super Meat Boy en version végétarienne : Super Tofu Boy. Le petit personnage a été intégré dans Super Meat Boy. A la sélection des personnages, tapez "petaphile". Le truc, c'est qu'il a trop de carences, du coup il ne saute pas assez haut pour pouvoir réellement l'utiliser.
culte, indispensable !

Super Meat Boy en quelques mots

Super Meat Boy, c'est un peu le Rick Dangerous des années 2010 : un trip hardcore, fun, gratifiant, rétro, débile, et surtout génial à jouer. Totalement indispensable.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)