Voir arriver un nouvel opus de la série Suikoden sur DS est assez surprenant. Cela permet au jeu de se permettre plusieurs choses, notamment une ouverture au grand public tout en conservant ses spécificités.

La DS est la console grand public par excellence. Il n'est donc pas très étonnant de voir des grandes séries comme Suikoden arriver sur cette petite portable au succès commercial si énorme.

Les premiers Suikoden sur Playstation sont sortis en peu d'exemplaires en Europe, et restaient en anglais. Autant dire que le public visé était plus que restreint.
Ici, les développeurs ont réussi la prouesse de rendre le jeu plus accessible tout en gardant ce qui fait la marque de fabrique de la série.
Cela commence par une traduction intégralement en Français. Les scènes doublées restent en anglais, ce qui n'est finalement pas si mal.

Suikoden Tierkreis sur DS.
Suikoden Tierkreis sur DS.

On retrouve bien entendu les 108 étoiles. Il faut attendre environ cinq heures de jeu pour trouver notre château où la Compagnie établira ses quartiers. Le plaisir est intact : discuter avec chaque nouvelle recrue est toujours aussi particulier et immersif.
C'est d'ailleurs sur ce point que Suikoden Tierkreis se révèle particulièrement excellent : son scénario est très fouillé, assez mâture, et s'inscrit dans la continuité de la série, avec notamment la notion de mondes parallèles.

Vous incarnez un jeune garçon qui deviendra le chef des 108 étoiles. Il faudra alors arrêter l'Ordre, sorte de secte de grande envergure affirmant que le destin n'existe pas et que tout est tracé.
Cette incursion de la religion dans le scénario est très intéressante et sort des sentiers battus des RPG japonais actuels souvent trop gnangnans. Elle force le joueur à réfléchir et prendre du recul. On regrette que l'évolution soit par contre si classique et finalement un peu simpliste sur la fin.

Le système de combat est très simple, et se base sur du tour par tour tout ce qu'il y a d'ordinaire pour un RPG à la japonaise. Vous avez jusqu'à quatre personnages que vous pouvez choisir parmi vos 108 étoiles.
Le leveling est réduit au strict minimum : prenez par exemple un personnage de niveau 15 alors que le jeu demande des persos de niveau 30. Après le premier combat aléatoire, ledit personnage gagnera plusieurs levels, pour se remettre aux niveau de ses compagnons après seulement quelques combats. Les amateurs de power leveling en seront pour leurs frais, les autres apprécieront la faible difficulté du jeu et pourront se focaliser avec grand plaisir sur le scénario du jeu.

Suikoden Tierkreis et ses graphismes 2D de toute beauté.
Suikoden Tierkreis et ses graphismes 2D de toute beauté.

Tout se déroule sous forme de missions, y compris la trame principale. Toutefois, vous pouvez régulièrement accepter des quêtes annexes et les mener à bien. Cela vous permettra de récupérer de l'argent, des objets, de trouver de nouveaux personnages et enfin d'en apprendre plus sur certaines parties du scénario.

Cette linéarité est assez étonnante, mais on s'y fait. Les puristes regretteront l'absence des Grandes Batailles, mais peut-être cela sera-t-il pour le prochain épisode.
A ce propos, cet opus est un spin-off, et n'a donc rien à voir avec Suikoden VI.

La réalisation est magnifique, avec une 2D très travaillée et un monde moyenâgeux particulièrement superbe. Chaque personnage dispose d'artworks également très travaillés, renforçant l'identité de chaque protagoniste. Enfin, la musique est également superbe et ne prend pas la tête, malgré les quelques trente heures qu'il vous faudra pour arriver à l'écran de fin.. Mais aurez-vous la bonne ? Le jeu en propose plusieurs...
culte, indispensable !

Suikoden Tierkreis en quelques mots

DS oblige, ce Suikoden Tierkreis est d'une difficulté moindre. Toutefois, cela n'entache aucunement le plaisir de jeu qui préfère se focaliser sur un scénario fourni et des personnages travaillés.
La note de 6 n'affirme pas que le jeu restera dans les annales du RPG, mais simplement que ce titre est l'un des meilleurs du genre sur DS.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)