La Dreamcast apparait un peu comme la console de la dernière chance pour Sega. En effet, les dernières sorties de ses consoles ont été plus ou moins des échecs : le MegaCD, la 32X et la Saturn.

Cette console est la première 128 bit du marché, ce qui correspond bien à la politique de précurseur pratiquée par Sega. Lors de sa sortie, face aux Playstation et autres Nintendo 64, elle fait figure de monstre. La grosse nouveauté avec cette machine, c'est qu'elle intègre un modem (56 k pour les USA et 33.6 ailleurs), ce qui permet aux fanatiques des consoles de naviguer sur le net par l'intermédiaire de leur console ! Ceci offre aussi la possibilité de jouer en réseau via le net sur console. Sega ayant pensé à tout, il vous offre l'accès au Net gratuit, vous ne payez donc que les coûts de communication en tarif local. Ce principe a connu quelques problèmes au démarrage, les premier internautes consoleux se sont vus facturer des coms vers l'autre bout du monde ! ;-) Mais Sega à remboursé l'intégralité des factures qui merdaient.
On ne peut que regretter le faible nombre de jeux Dreamcast utilisant la possibilité du OnLine, mais le plus bel exemple reste sans conteste Phantasy Star Online, qui a lancé la mode du jeu de rôle en ligne sur console.

Quelques accessoires de la console : Manette et la carte mémoire, le VMU.
Quelques accessoires de la console : Manette et la carte mémoire, le VMU.

Les débuts de la machine datent de 1996. A cette époque, le projet d'une console nouvelle génération était baptisé Dural (c'est le nom de l'un des persos de la série des Virtua Fighters, un jeu sorti en Arcade et sur Saturn). Sega change quelque peu sa politique en ne proposant plus un hardware fait maison. Il s'adresse à Microsoft pour le Système d'exploitation et à Nec pour le processeur graphique. En fait, peu de temps après, on apprend que c'est 3DFX (le constructeur des puces Voodoo pour le PC) qui va s'occuper du chip graphique, le nom de code change alors en Blackbelt. En fait il y avait non pas un mais deux projets : un aux Etats-Unis, Blackbelt, mené par l'équipe de Sega Of America, et un au Japon, nommé Katana. Ces deux projets avaient le même but, sortir une console nouvelle génération. Mais il y avait de nombreuses différences entre les deux machines. La Blackbelt, fabriquée en collaboration de Microsoft et de 3DFX, possédait un OS plus facile à utiliser, les jeux étaient donc plus faciles à développer. Par contre, la Katana était plus puissante, mais plus difficile à programmer. En juillet 1997, Sega annule ses projets avec 3DFX, et le projet Blackbelt tombe lui aussi plus ou moins dans l'oubli.

C'est là que ça devient plus clair : un seul projet, Katana (le nom d'une épée japonaise), développée par les labos japonais de Sega. C'est en 1998 qu'est affirmée la nature du chip graphique : ce sera un Power VR II de NEC. Entre temps on a changé le système d'exploitation pour le rendre plus facile pour les développeurs. La Dreamcast est enfin annoncée officiellement par Bernie Stollar, CEO de Sega Of America en mai 1998.

Le flingue de la Dreamcast, un look plutôt sympa, mais zoné.
Le flingue de la Dreamcast, un look plutôt sympa, mais zoné.

Les dates de sorties dans les différentes contrées :
- 17 novembre 1998 au japon
- 9 septembre 1999 aux Etats-Unis
- 14 Octobre 1999 en Europe
- 30 Novembre 1999 en Australie et en Nouvelle Zélande
Après quelques premiers jeux moyens, la machine connait nombre de jeux de qualité, et sait s'imposer auprès des joueurs passionnés, qui voient là une très bonne console. Mais c'était sans compter sur le marketing "rouleau compresseur" de Sony ! En effet, ils n'avaient pas prévu de sortir si vite une nouvelle console succèdant à la Playstation, aussi se sont-ils trop pressés pour sortir ladite machine... Buggée et difficile à programmer elle n'était pas vraiment bonne, mais l'image de marque de Sony a fait son travail et Sega fut bien vite écrasé.
Pourtant des jeux comme Shen Mue, Grandia 2 ou encore Skies of Arcadia sont inoubliables. On les retrouvera quelques années plus tard sur la Playstation 2 de Sony par ailleurs.

Au début de l'année 2001, une annonce tombe, tout le monde en parlait, mais personne n'osait y penser. L'arrêt de la Dreamcast était proclamé : dès le mois de Mars, la production de consoles serait défitivement stoppée. A partir de là ce fut la débandade, nombre de jeux très attendus furent annulés en plein développement, pour sortir finalement sur la maudite console de Sony ; on comptera parmi les défunts Half-Life, annulé alors qu'il était presque terminé.
Parallèlement, fait très étonnant, les ventes n'avaient jamais aussi bien marché ! Il faut admettre que le prix avait baissé et que pour trois fois moins qu'une PS2 (comptez 1000 francs), vous aviez une console de qualité équivalente... mais morte.
On trouvera bien quelques versions limitées de la Dreamcast, manufacturées quelques mois plus tard, mais rien n'y fit. Sega envisageait de sous-traiter la production de sa console si les ventes décollaient, mais on ne vit rien venir.
Sega s'est désormai habitué aux coups d'éclat : en même temps que l'annonce de l'abandon de la Dreamcast, il signifiait aussi l'abandon de tout hardware ! Maintenant on trouvera des jeux Sega chez Nintendo... Choquant pour tous les puristes qui se sont battus durant les époques successives Master System / NES - Megadrive / Super Nintendo.

Les jeux européens bénéficient de boîtiers faits-maison.
Les jeux européens bénéficient de boîtiers faits-maison.

Hardware
La console est en fait basée sur une carte d'arcade made in Sega : la Naomi ; les caractéristiques sont à peu près les mêmes à ceci près que la console dispose de moins de mémoire vive.
Le format utilisé pour les jeux est un format propriétaire fabriqué par Yamaha : le GD-Rom (Gigabyte Disc Read Only Memory). Il y a deux raisons pour cela : premièrement, un GD contient environ 1.2 Go de données (contre 650 pour un CD normal), deuxièmement, c'est pour contrer le piratage. Les GD ne sont pas lisibles sur PC, par contre, on peut y réserver une place pour y inclure des données PC, comme des films, photos et autres goodies. On peut aussi y ajouter de la musique. Par contre, le mauvais point c'est que ce support est plus fragile que les CD habituels, il faut donc bien faire attention aux rayures ! Pour lire tout ça, on utilise donc un lecteur spécial, 12 vitesses, ce qui laisse présager des temps de chargement assez courts. Par contre, pas de DVD !

Petite chose, la console ne possède pas de bouton reset, il est en fait incorporé dans le bouton Open, c'est à dire que l'on peut aisément changer de jeu en laissant la console allumée et en ouvrant le capot : le disque s'arrêtera tout seul !
Les accessoires de la machine ne sont, en théorie, pas compatibles entre les différentes régions, mais il paraîtrait qu'ils marchent en fait très bien ! Y compris les VMS, ces nouvelles cartes mémoire disposant d'un écran qui permettent de jouer à des petits jeux fournis avec certains jeux Dreamcast ou téléchargé sur le Net.
On dispose de tout plein d'accessoires, comme le flingue, la carte mémoire, les pack vibrant, l'arcade stick ou encore le volant...
Petite précision sur le VMS : il utilise la même technique de sauvegarde que les cartes mémoire Sony, il n'y a donc pas besoin de piles. Les piles servent seulement pour alimenter l'écran, ne vous inquiétez donc pas pour la perte de vos données lorsque vous changez les piles. Par contre elles meurent très vite ! Une durée de vie de trois tout petits mois, un des seuls bugs connus de la console.

Les jeux japonais ont pas contre des boîtiers plus classiques.
Les jeux japonais ont pas contre des boîtiers plus classiques.

Software
Les jeux ne sont bien évidemment pas compatibles non plus selon les régions... Mais Sega ne se dit pas franchement contre la vente de puces sur ses consoles, il prend comme argument que le GD-Rom n'est pas copiable si facilement et qu'il connaissent tous les points de fabrication.
De nombreux jeux permettent de jouer en 60 Hz, un test est possible pour votre si votre télévision le supporte.
Une des choses les plus étonnantes de cette machine est qu'elle dispose de deux OS : SegaOS et Windows CE. Le premier est en fait l'OS natif de la machine, celui qui est dans sa ROM. Il est plus difficile à utiliser, mais permet d'utiliser à fond les capacités de la console. Windows CE se trouve en fait sur chaque CD ayant besoin de cet OS pour se lancer, il permet de développer beaucoup plus vite, mais les jeux se révèelent au final assez lents. Ceci permet aussi une adapation assez rapide des softs PC vers la Dreamcast.

Les pirates !
Eh oui, comme tout le monde le sait, la console a été piratée, par un groupe nommé Utopia qui commença par lancer un CD de boot, permettant de lancer les jeux gravés sur CDR. Au contraire de la Playstation, aucune puce ou modification interne n'est nécessaire pour faire marcher ces CD pirates. On trouvera ainsi beaucoup de jeux en format CDR. Par contre, ils sont généralement de plus mauvaise qualité que les originaux : simplement parcequ'un CD ne fait que 650, voir 700 Mo et qu'un GD fait plus d'1Go ! Il en résulte des voix qui passent en mono et des vidéos qui sont de nettement moins bonne qualité.
Mais, outre le gros problème de piratage, cela a servi aux développeurs amateurs, qui n'avaient plus besoin d'un kit de développement honéreux pour donner cour à leur folie créatrice ! On trouve ainsi très peu de jeux, mais beaucoup d'émulateurs, permettant de faire revivre les machines ayant précédé la console ! On trouve ainsi la Super Nintendo, la Master System et encore bien d'autres !
Par contre, un petit coup de gueule contre les sois-disants pirates d'Utopia. Buziness is Buziness, parceque le secret de leur invention n'a été révèlé que très longtemps après sa découverte, on est loins du temps où les informations étaient en libre service. Beaucoup d'argent a été fait sur le dos de Sega, malheureusement.



Code Veronica, un excellent Resident Evil.
Code Veronica, un excellent Resident Evil.


La canne à pêche, un accessoire original, mais jamais sorti en Europe.
La canne à pêche, un accessoire original, mais jamais sorti en Europe.


Rayman 2
Rayman 2


Planet Ring, un des premiers jeux on-line utilisant en plus un micro.
Planet Ring, un des premiers jeux on-line utilisant en plus un micro.


Sonic Adventure, le premier Sonic en 3D.
Sonic Adventure, le premier Sonic en 3D.


Le volant de la Dreamcast, en version européenne.
Le volant de la Dreamcast, en version européenne.


La Dreamcast en version américaine, avec son logo orange (et non bleu pour la version Européenne).
La Dreamcast en version américaine, avec son logo orange (et non bleu pour la version Européenne).

Sega Dreamcast côté technique

Microprocesseur : Hitachi SuperH4 RISC à 200 Mhz (360 Mips)
Mémoire vive : 16 Mo
Mémoire morte : 8 Mo
Vidéo : NEC Power VR Series II à 100 MHz (3.5 millions de polygones par seconde).
Son : Yamaha AICA à 45 MHz, 64 voies, 16 bit, 48 KHz, su
Prix d'origine : 1 690 Frs