Rum & Bones est l’adaptation d’un jeu espagnol nommé Run & Bones. Pourquoi ses créateurs ne l’on pas nommé Rhum & Bones, je n’en sais trop rien… Certainement pour des histoires de droits.

Rum & Bones vous met dans la peau de pirates. Et pas n’importe quels pirates : des pirates incapables de mourir. Ou plutôt si, ils peuvent crever, mais ils vont revenir très rapidement sur le plateau de jeu. Il y a donc une notion fantastique très forte dans l’histoire de Rum & Bones, avec un scénario assez travaillé que l’on peut découvrir avec plaisir dans la notice.

Le nombre de morts ne compte donc pas, ce qui compte, ce sont les objectifs : le mât, le canon, le gréement ou la proue constituent autant de postes à détruire afin de récupérer deux points de victoire à chaque objectif détruit. Le premier joueur a atteindre les six points remporte la partie.

A l’abordage !


Le principe est simple, chaque joueurs dispose de trois grandes classes de personnages : des héros, des matelots, et des matelots un poil plus gradés (et donc plus forts). Ces deux derniers vont se comporter presque automatiquement. En gros bourrins sans cervelle qu’ils sont, ils vont répondre à une forme de déplacement pré-établie qui a déjà fait ses preuves depuis des siècles : foncer dans le tas ! En gros, ils ne se déplacent que vers l’avant.

Le dé est plus fort que l’épée


Chaque joueur joue à son tour comme suit :
- Récupération des héros
- Tirer au canon
- Initialisation des matelots
- Phase d’action des matelots
- Initialisation des héros
- Action des héros
- Kracken
- Pioche de cartes

Le plateau de jeu.
Le plateau de jeu.

Lors de la récupération de vos héros, vous ne faites que leur donner quelques pièces et remettre sur pied ceux qui ont été envoyés ad patrès au tour précédent. Le tir au canon permet de faire un peu de ménage chez vos adversaires.

Les phases de matelots sont très linéaires : on pose des figurines de matelots sur les bouches d’arrivées, on les fait attaquer si des adversaires se trouvent sur une case adjacente, et on les déplace.
Les héros au coeur du gameplay de Rum & Bones
La vraie phase du joueur intervient au niveau des héros. Au début du jeu, vous n’avez pas de héros sur le plateau de jeu. Aucun coût n’est demandé pour en placer sur le plateau. Toutefois, vous ne pourrez en placer que trois en même temps sur l’aire de jeu, sur les cinq que vous avez choisi en début de partie.

Chacun dispose de trois actions, consistant principalement en déplacement et attaque. Vos personnages - chacun ayant une classe particulière - dispose de compétences spéciales que vous pourrez utiliser en échange de quelques pièces. Vous récupérerez principalement des pièces en battant des adversaires.
Le gréement, une valeur sûre (si on tient son sabre entre les dents)
Comme il est impossible de traverser une case avec des ennemis dedans, Rum & Bones joue beaucoup sur le blocage. Cela pourrait être gênant s’il n’y avait pas le gréement. Le gréement, c’est tout simplement le fait de sauter après une corde en hurlant “à l’abordaaaage !!!!”, ce qui, soit dit en passant, n’est clairement pas évident à réaliser lorsque l’on tient son sabre entre les dents et que l’une de ses deux mains est un crochet. On ne va toutefois pas s’abaisser à de tels détails.

Avec le gréement, il est ainsi possible de passer par dessus ses adversaires, histoire de se rapprocher un peu des objectifs à récolter. Mais attention : cela a un prix, et vous devrez effectuer un test de gréement en lançant un dé dont le résultat devra être égal ou supérieur au nombre de cases à parcourir. Si vous ratez, votre héros tombe à l’eau… il pourra revenir (mouillé, mais pleinement opérationnel) au tour suivant.

Sans cette notion, Rum & Bones perdrait énormément de ses qualités stratégiques et les combats s’étendraient un peu trop en longueur.

Les fiches persos de l'un des équipages.
Les fiches persos de l'un des équipages.

Encore un rhum !


Rum & Bones reprend donc des schémas que l’on retrouve dans les jeux en ligne, et plus exactemnet les MOBA. Et c’est étonnant pour moi : je déteste ce genre de jeu vidéo, et pourtant je trouve ça particulièrement fun sur un jeu de plateau.

Comme souvent chez Cool Mini Or Not et Edge, la boite est bien remplie et le matériel de qualité. A 90 € le jeu, c’est finalement assez nécessaire. Les figurines sont très nombreusese très fines, et sont toutes de couleurs différentes, ce qui facilite leur représentation. Du coup, on n’a pas vraiment la nécessité de les peindre. Encore un gain de temps… Surtout pour moi qui suis totalement dénué de compétences en terme de travail manuel.

La durée de vie du jeu est bonne. Certes, il n’y a pas de système de mission, mais les parties s'enchaînent sans vraiment se ressembler. Certes, comme tous les jeux d’escarmouche, on va s'essouffler plus vite qu’un Descent ou un Zombicide qui proposent pléthore de missions, mais on tient ici un très bon jeu de combats tactiques au tour par tour.

Au pire, de nombreux personnages peuvent être achetés séparément afin de disposer de nouveaux pouvoir et limiter la monotonie pour les joueurs les plus acharnés.


Les figurines correspondantes.
Les figurines correspondantes.



Rum and Bones, un jeu pour 2-6 joueurs de Michael Shinall, édité par Edge pour des parties d'environ 1h30-3h.
Age conseillé : 14+.
bon petit jeu

Rum and Bones en quelques mots

Rum & Bones est un très bon jeu d’escarmouche. Son univers très marqué et ses règles simples en font un jeu idéal pour qui aime jeter des brouettes de dés. Un petit manque de finesse est à noter, mais bon, on est des pirates ou pas bordel de merde ?

La note : 4/6 (bon petit jeu)