Snake nous revient dans un épisode logiquement très attendu. Après une première version très perfectible, voici venir Subsistance, retouchant le jeu et proposant un paquet de bonus.

Comme toujours dans la série, le scénario est d'une profondeur incroyable. Complexe, il se base sur des faits historiques pour y intégrer différents protagonistes de la plus belle façon qui soit.
Les différents personnages ont une réelle épaisseur. Même si certains, Ocelot en tête, font un peu les barbeaux et ont une fâcheuse tendance à poser (le syndrome Devil May Cry à encore frappé), le tout reste parfaitement cohérent.

L'histoire se déroule dans les années 60 et fourmille de références, que ce soit aux précédents épisodes, au cinéma ou enfin à l'Histoire elle-même.
Je ne vous parlerai pas de l'histoire où l'on découvre le premier Snake, vous laissant apprécier ce scénario à tiroirs qui réussi une fois de plus à émouvoir le joueur lors de son dénouement.
Côté gameplay, la gestion des caméras laissait énormément à désirer. Subsistance apporte principalement cette caméra refaite qui permet enfin d'apprécier le jeu à sa juste valeur.

Metal Gear Solid 3 : excellent, mais parfois très lourd...
Metal Gear Solid 3 : excellent, mais parfois très lourd...

Les habitués des aventures de Snake retrouveront rapidement leur marques. Car si Splinter Cell, son éternel rival (enfin soit-disant), propose une maniabilité plutôt intuitive, ce n'est absolument pas le cas pour Metal Gear Solid. Résolument axé infiltration, le jeu fait tout pour vous éviter de rentrer dans le tas, à commencer par vous mélanger rapidement les pinceaux dans les phases d'action.
Lors des combats contre les boss, c'est assez difficile, voir énervant tant certaines choses sont laborieuses à faire. Comment un soldat aussi entrainé que Snake peut-il peiner autant à viser par exemple ?
Pour rester dans les défauts du jeu, on peut également parler de certaines scènes un peu lourdes, avec principalement la fuite finale où il faut sans arrêt chercher de la bouffe pour le second rôle alors que l'on pourrait tout simplement la porter...

La bouffe, justement. Ici, vous n'influez pas directement sur votre barre de vie. Plus de rations, mais des aliments à manger, sous forme d'animaux qu'il va vous falloir préalablement capturer. Certains sont bons, d'autres moins. Il vous faudra donc vérifier régulièrement l'état de votre barre sous peine de voir votre ventre gargouiller et votre efficacité faiblir.
Parallèlement, il faudra vous soigner : en fonction du type de blessure, différents outils s'offrent à vous : compresses, désinfectants, etc, à vous de faire ce qu'il faut pour éviter de perdre trop vite de la vie.

Ces deux nouveautés sont plutôt bien vues, mais dans certains cas elles se révèlent foncièrement lourdingues car vous demandant sans arrêt de faire une pause, manger et vous soigner. Pas terrible pour le rythme de l'action.

A noter les suppléments de subsistance : un mode en ligne, les deux premières versions MSX de Metal Gear (le premier y étant d'ailleurs bien meilleur que sur NES). Un troisième DVD vient présenter l'ensemble des scènes vidéos du jeu sous forme de films, ce qui n'est finalement pas idiot tant c'est ce dernier qui fait continuer de jouer et non le gameplay en lui-même (un comble).
culte, indispensable !

Metal Gear Solid 3 en quelques mots

Pas exempt de défauts, ce troisième volet des aventures de Snake reste une valeur sûre. Parfaitement excellent, la maniabilité trop rigide et le système de bouffe / soignement peuvent vraiment irriter. On se demande même parfois si Kojima ne devrait pas plutôt faire uniquement des scénarii (pour le cinéma également). Mais devant tant de splendeur, on garde la manette en main pour les quelques douze heures de bonheur en barre offertes ici.

La note : 6/6 (culte, indispensable !)