Très attendu, L.A. Noire n'est finalement pas là où on l'attend. Techniquement bon, ce n'est finalement pas là qu'il se distingue vraiment. Par contre, question immersion, il y a ce qu'il faut.

Attention, si L.A. Noire est un titre Rockstar, il est développé par la Team Bondy, à qui on doit entre autre les Gateway sur Playstation 2. Il ne faut donc pas s'attendre à un GTA dans l’Amérique des années 40. Certes, le jeu reprend pas mal de ficelles propres à Rockstar, avec notamment des déplacements en voiture (qui se conduisent beaucoup plus facilement soit dit en passant), une ville ouverte d'un réalisme étonnant, etc. Mais finalement, la comparaison s'arrête là.

Pas de vol, de proxénétisme, de meurtre... tout du moins pas directement, pour la simple et bonne raison que Cole Phelps, votre personnage, n'est autre qu'un flic !
Le découpage du jeu se fait sous forme d'épisode, avec un écran titre qui rappelle les pulps de cette époque. Le déroulement de l'aventure est donc très linéaire. Durant un épisode, il est possible d'effectuer diverses missions annexes - vous êtes alors appelé par radio afin de vous rendre sur le lieu d'un crime - mais ces missions deviennent vites redondantes.

L.A. Noire sur Xbox 360.
L.A. Noire sur Xbox 360.

La redondance, c'est très certainement le point noir du jeu. Une enquête se déroule toujours peu ou prou de la même manière : scène du crime, récupération d'indices, interrogation des témoins, recherche d'indices, etc. Ceux qui recherchent du réalisme en seront pour leur frais : L.A. Noire tient plus du point'n click simplifié que du réel jeu d'enquête. Même les entretiens se révèlent vite limités : à chaque question posée, vous avez trois choix : vérité, doute ou mensonge. Dans le dernier cas, vous devrez avancer une preuve pour confirmer vos dires.

Le soucis, c'est que les développeurs n'ont prévu qu'une seule bonne réponse, les autres vous menant à d'autres pistes. Et contrairement à un Heavy Rain où les erreurs et réussites influent sur l'évolution du jeu, cela ne fera pas grand chose d'autre que de changer votre note de fin de mission. Plutôt frustrant.

Pourtant, c'était ce qui était clairement mis en avant par la production lors de la campagne promotionnelle du jeu. Il faut avouer que le doublage (en anglais sous titré français) est d'une qualité rarement vue jusque là. Mieux que ça, la synchronisation faciale marque une avancée nette dans le genre. Bluffant.
Les visages exagèrent les mimiques, afin de faciliter la vie du joueur et répondre "vérité", "doute" ou "mensonge". On attend là les limites du jeu, qui reste un jeu vidéo.

Malgré ces petites limites, L.A. Noire est scotchant. Bien sûr, il est vite redondant, mais ce n'est finalement pas là son intérêt. Son point fort, c'est son ambiance. Los Angeles des années 40 est superbement bien rendue, sans parler du scénario dont l'écriture est foutrement maitrisée, avec de nombreux petits point qui font sourir, voir réfléchir. Au départ, on enchaine des chapitres qui ne semblent pas bien liés, on peine à éprouver de l'empathie pour cet inspecteur un peu trop zèlé, pour finalement plonger totalement dans une histoire dont le dénouement vous laissera indubitablement pantois.
Excellent !

L.A. Noire en quelques mots

L.A. Noire n'est pas parfait, loin de là. Pourtant, malgré ces petits soucis, le jeu va vous transporter, de part son scénario et son ambiance hors du commun.

La note : 5/6 (Excellent !)