Evolution, c’est un jeu qui ne conviendra pas aux créationnistes. Ben oui, ça les ferait réfléchir.

A l’origine, il y avait Evolution : Origine of Species


L’édition française arrive un peu à la bourre. Evolution est sorti en version originale (en allemand) en 2014. Il faut donc attendre la fin de l’année 2016 pour pouvoir y jouer dans la langue de Patrick Sébastien.

Cette latence s’explique aisément : vous n’aimez pas trop le design de cette édition 2016 ? Allez donc jeter un oeil à l’édition originale, nommée Evolution : Origin of Species, et vous comprendrez votre douleur. Finalement, elle est très jolie cette version française.

Il y a quoi dans la boite d’Evolution ?


La direction artistique est donc… particulière. Ce n’est pas vraiment moche, c’est juste que cette profusion de couleurs a quelque chose de légèrement déstabilisant lors du premier contact. Au moins, ça attire l’oeil, chose plutôt pratique dans le magasin de jeu de société du coin.

Après, on trouve un plateau central qui va servir à y déposer les jetons de bouffe. Et des jetons de bouffe, il y en a plein : 240 exactement ! Ce sont ces jetons qui serviront à la fois à nourrir vos espèces animales, et surtout à marquer des points en fin de partie. Des jolis petits sacs vous permettent d’ailleur de les engranger à la fin de chaque tour.

Le plateau central, avec la nourriture.
Le plateau central, avec la nourriture.

Dans la boîte, vous trouverez aussi différents plateaux espèces en carton épais, ainsi que des cubes en bois de deux couleurs, verts et marrons, pour spécifier le nombre et la taille de chacune de vos espèces.

On a ensuite un pion en bois pour le premier joueur en forme de dinosaure de très bonne taille.

Vous trouverez enfin tout un tas de cas de cartes, et ce sont elles qui sont le centre des mécaniques proposées par Evolution.

Un thème et des mécaniques parfaitement liées


Pour qui s’intéresse un peu à la théorie de l’évolution, c’est fou comme les mécaniques d’Evolution, le jeu de plateau, collent parfaitement au thème. Comme dans la nature, c’est l’adaptation qui sera le maître mot, et ce qui a marché - et marche encore - dans l’évolution du monde, va également marcher ici dans les mécaniques. Cela permet des parties souvent très différentes de l’une à l’autre.

Ainsi, l’objectif est de faire des combos avec ses cartes, afin de lier les pouvoirs (ici, on appelle ça des “traits”) entre eux, voir même de permettre d’enchaîner les effets.

Vos espèces, avec leurs cartes traits juste au dessus.
Vos espèces, avec leurs cartes traits juste au dessus.

Au début du tour, chaque joueur complète sa main histoire d’avoir 3 cartes + 1 pour chacune de ses espèces.

Ensuite, chacun va poser face cachée l’une de ses cartes pour définir combien il donne à manger dans l’espace central. Toutes les cartes sont ensuite révélées en même temps, et on met autant de pions nourriture que de points sur les cartes. Attention… certaines cartes peuvent être négatives et retirer de la bouffe plutôt qu’en ajouter !

Ensuite, à son tour, chaque joueur peut jouer ses cartes. Ces dernières servent d’action : on peut donc jouer une action par carte comme suit :
- Jouer une carte face cachée pour la placer en tant que trait sur l’une de ces espèces
- Défausser la carte pour pouvoir ajouter une espèce
- Défausser la carte pour pouvoir augmenter de 1 la population d’une de ses espèces
- Défausser la carte pour pouvoir augmenter de 1 la taille d’une de ses espèces

Une fois que tous les joueurs ont joué, on révèle les différentes cartes trait.

A table !


Une fois cela fait, il est temps de passer à table ! A son tour, chaque joueur va prendre un pion bouffe sur le plateau central. On continue de tourner jusqu’à ce que toutes les espèces de chaque joueur soient rassasiées ou qu’il n’y ait plus de pions sur le plateau central.

L’objectif, pour chaque espèce, est d’avoir autant de pions de nourriture que sa population. Si ce n’est pas le cas, la population est revue à la baisse. Et si l’espèce n’a carrément pas pu manger, elle s’éteint, et son plateau est défaussé !

Tous les pions bouffe que les joueurs ont pu collecter sont alors stockés dans leur petit sac personnel. En fin de partie, c’est celui qui aura le plus de pion qui remportera la partie.

Herbivores vs Carnivores


Finalement, ça serait si simple s’il n’y avait pas les carnivores qui venaient foutre leur merde, hein ? Evolution propose des cartes dont le trait est “Carnivore”, et là, forcément, ça change tout.

Lors de la phase de nourriture, les carnivores ne piochent pas de pions nourriture sur le plateau central, mais attaquent une espèce dont la taille doit être inférieure ou égale à la leur. Cela réduit la population de l’espèce attaquée mais donne de la viande à manger.

Si d’autres espèces ont le trait charognard, ils peuvent bénéficier d’un pion nourriture bonus à chaque fois qu’un carnivore attaque.

Il existe également tout plein de traits qui vont compliquer les attaques des carnivores et protéger les espèces : cri d’alarme, etc. Mais les carnivores peuvent également bénéficier de traits qui vont faciliter leurs attaques.

En gros c’est comme dans le monde réel : il faut s’adapter pour survivre !

Un jeu de cartes à combo exigeant


Evolution propose de nombreuses combinaisons de cartes. On en découvre à chaque partie. C’est ce qui fait à la fois la qualité et le défaut du jeu.

C’est une qualité, car sous couvert d’illustrations un peu criardes, on n’est à des années lumières d’un jeu familial. Ici, il faut réfléchir, connaître les cartes et leurs possibilités. Les règles sont certes très simples mais maîtriser les mécaniques vous demandera un bon nombre de parties.

Le jeu est d’autant plus impitoyable à deux joueurs où chaque erreur se paye le prix fort, creusant un peu plus l’écart à chaque tour entre un joueur confirmé et un novice… ou le bon et le mauvais.

Il est donc difficile de sortir le jeu à des joueurs qui n’ont pas déjà quelques parties au compteur sous peine de se faire aligner un peu trop rapidement.


Evolution, un jeu pour 2-6 joueurs de Dominic Crapuchettes, Dmitry Knorre et Sergey Machin, illustré par Catherine Hamilton et John Ariosa, édité par Fun Forge pour des parties d'environ 60min.
Age conseillé : 12+.
Excellent !

Evolution en quelques mots

Ne vous fiez pas à ses couleurs colorés : Evolution est un jeu de plateau bien velu. Certes, les règles sont simples, mais les possibilités offertes en termes de combos et d’optimisations de ses cartes et de ses espèces sont quasiment sans limites. Un excellent jeu, à réserver toutefois aux joueurs les plus exigeants.

La note : 5/6 (Excellent !)