Vous aimez les dés ? Eh bien ça tombe plutôt bien : pour la première fois, vous allez pouvoir directement influencer sur leurs résultats. Bienvenue dans le monde merveilleux du Dice Crafting.

Le nouveau jeu de Régis Bonnessée


L’auteur de Seasons et Lords of Xidit revient avec son nouveau jeu. Autant dire que la barre était assez haute, vu la qualité des deux boîtes que je viens de citer.

Un jeu qui a mis un sacré bout de temps pour sortir, car il repose sur une mécanique novatrice qui a demandé un sacré paquet de boulot à Libellud, son éditeur, pour sortir un matos qui pourrait être à la fois pratique à utiliser et assez solide pour affronter les nombreuses parties qui s’offrent à nous.

Du Dice Crafting ? C’est quoi au juste ?


On parlait jusque là de deck building avec Dominion, mais ça c’était avec des cartes. Avec des dés, on parlait de dice building avec Quarriors, mais ça, c’était amasser et choisir ses dés.

Non, avec Dice Forge, on va carrément forger ses propres dés, on va donc faire du dice crafting. Durant toute la partie, on dispose de deux dés. Toute l’idée du jeu, c’est qu’au gré de la partie on va changer les faces de ses deux dés, en les remplaçant par d’autres faces que l’on va acheter grâce aux résultats que l’on aura eu avec ses propres dés.

Le matériel est splendide, le thermoformage parfait.
Le matériel est splendide, le thermoformage parfait.

Vous vous souvenez des autocollants que vous décolliez pour pour remettre dans l’ordre votre Rubik's Cube ? Eh bien ici, votre rêve va devenir réalité. Et en plus, ça sera tout de même moins moche que des autocollants mal recollés.

Vous voulez du matériel de qualité ? Vous allez être servi !


Lorsque l’on ouvre la boîte de Dice Forge, on est surpris comme rarement par le matériel, et même par le thermoformage.

C’est bien simple : le système de rangement est juste parfait. Chaque pièce va à sa place. Et pour couronner le tout, le plastique couleur crème, très clair, facilite encore un peu plus le rangement.

Côté matériel, c’est également un sans faute. Le carton des plateaux personnels et des pièces est épais à souhait et, surtout, les dés et leurs faces sont bien robustes. Les faces se changent facilement et, même après pas mal de parties, l’ensemble du matos reste en parfait état.

Côté illustrations, c’est Biboun qui a joliment utilisé ses pinceaux. C’est mimi tout plein, le trait est parfait, mais on pourrait lui reprocher d’être un peu trop commun, dans le sens où cela ressemble un peu trop à ce qui se fait actuellement dans le jeu de société, surtout au niveau des personnages des joueurs.

Les cartes que vous pouvez acheter sont joliment disséminées autour du plateau central.
Les cartes que vous pouvez acheter sont joliment disséminées autour du plateau central.

Et comment ça se joue ?


Au début du tour, tous les joueurs lancent leur dés et récoltent les matières premières et l’argent du résultat. De l’or, mais également du feu et de la glace.

Ensuite, chacun son tour, les joueurs vont pouvoir dépenser leur or, leur feu et leur glace pour acheter de nouvelles faces pour l’un de leurs dés.

Mais à la place d’une face de dé, on peut également acheter une carte. Ces dernières procurent des avantages, mais également des points de victoire… Car forcément, c’est celui qui aura le plus grand nombre de points de victoire qui remportera la partie !

Une mécanique originale pour un jeu finalement assez court


Dice Forge tourne assez bizarrement. Tout du moins durant les premières parties. Ce qui est agréable lorsque l’on est confronté à de nouvelles mécaniques dans le jeu de société, c’est que l’on perd ses repères.

Les premières parties se terminent beaucoup trop vite, on a la mauvaise impression de ne pas avoir mené à bien sa partie. Toutefois, lors des parties suivantes, on se rend compte que cette durée de jeu (environ 45 minutes, voir moins) permet d’avoir des séances nerveuses et sans longueures.

Les faces de dés que vous pouvez acheter durant la partie.
Les faces de dés que vous pouvez acheter durant la partie.

Alors, le jeu ultime pour les adeptes deck building ?


Dice Forge est magnifique, il fait une sacrée impression lorsque l’on ouvre la boîte et nous déstabilise délicieusement lors des premières parties.

Le truc, c’est qu’il se révèle finalement moins profond qu’un Dominion ou même un Quarriors. Cela vient notamment du fait que pour chaque emplacement initial, on n’a le choix qu’entre deux cartes. Cela ne fait finalement pas beaucoup de changements d’une partie à l’autre en termes de stratégie ou d’objectifs.

Du coup, les parties ont tendance à se ressembler. En tout cas beaucoup plus qu’une partie de Dominion où l’on pioche 10 cartes Royaume parmi 30. Même chose pour Quarriors qui propose beaucoup plus de dés et de bestioles que ce que l’on peut faire en une partie.

Peut-être faudra-t-il attendre des extensions pour renouveler le plaisir de jeu, car de ce côté là, il y a carrément quelque chose de sympa à faire !


Le plateau individuel d'un joueur et ses deux dés.
Le plateau individuel d'un joueur et ses deux dés.



Dice Forge, un jeu pour 2-4 joueurs de Régis Bonnessée , illustré par Biboun, édité par Libellud pour des parties d'environ 40min.
Age conseillé : 10+.
Excellent !

Dice Forge en quelques mots

Dice Forge est un bon jeu, mais il n’atteint pas la maestria des ténors du genre. La faute à un manque de renouvellement d’une partie à l’autre. Reste une mécanique novatrice et un matériel splendide, qui laisse déjà de quoi se faire plaisir durant pas mal de parties.

La note : 5/6 (Excellent !)